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Bérénice
Jean Racine, Bernard Levy - 2006
Au fur et à mesure de mes lectures et discussions autour de Bérénice, je me rends compte que cette œuvre est très souvent considérée comme étrange. C’est une tragédie mais aucun meurtre sur le plateau ou en coulisse, pratiquement aucun événement théâtral important, à tel point que j’ai souvent entendu dire à son sujet: «ce n’est pas facile de la mettre en scène, il ne se passe pas grand chose». Ce serait en quelque sorte un long poème dramatique que l’alexandrin, certes sublime, rendrait étale en le «nappant» d’une douce tristesse. Or pour qu’il y ait «théâtre» comme on dit, il doit y avoir conflit.

Mais à y regarder de plus près et en ce qui me concerne, je perçois Bérénice comme terriblement conflictuelle, et même s’il n’y a pas de meurtre, toutes ces scènes ne sont que des tentatives de meurtres envers soi-même: chaque personnage, je parle ici des trois principaux, lutte et cherche à tuer une part de lui-même (politique ou amoureuse), Bérénice allant jusqu’à menacer de se tuer.

Il nous faudra montrer la violence et l’intensité de ces combats.

C’est une tragédie, dans le sens où Racine nous donne à voir dans ce «cabinet» la part profondément intime de ces hommes de guerres. Dès le début, à peine Antiochus est-il sur scène, qu’il tremble de peur. Plus tard, Titus va pleurer.
L’aveu de ces hommes politiques usés par la guerre me touche.

Je me suis longtemps interrogé sur l’émotion et la sensualité à propos de l’écriture de Bérénice.
Comment est-ce possible qu’un texte écrit trois siècles auparavant puisse nous toucher à ce point?
Serions-nous aussi émus si la même histoire avait été écrite en prose?
Il me semble que cette écriture à un «pouvoir dire» qui nous échappe totalement. Et c’est peut-être dans cette part manquante que nous pouvons «charger» la lecture de notre propre intimité. Alors, elle devient éternelle puisque sans cesse lue à l’aulne de son histoire et l’on ne s’étonne plus dès lors de son évidente modernité.

Bernard Lévy

Auteur Jean Racine 

Mise en scène Bernard Levy 

Avec Arnaud Churin / François Clavier / Aline Le Berre / Christelle Martin / Fabien Orcier / Jean-Luc Vincent 

Décor Giulio Lichtner 

Costumes Elsa Pavanel 

Lumières Luc Tramier 

Son Jean-Damien Ratel 

Production Scène Nationale de Sénart 

Coproduction Compagnie Lire Aux Éclats, T.O.P. de Boulogne-Billancourt 

Du 12 janvier 2006 au 22 janvier 2006
T.O.P. de Boulogne-Billancourt 
Du 24 au 26 janvier 2006
Maison de la Culture d'Amiens 
Le 31 janvier 2006
Le Salmanazar à Epernay 
Du 8 au 17 février
MC2 Grenoble 
Du 21 au 25 février 2006
Scène Nationale de Sénart 
Les 3 et 4 mars 2006
Le Rayon Vert à St Valéry en Caux 
Photos
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